Les bras de la Vénus de Milo
Où sont passés les bras de la Vénus de Milo ? Une légende parle d'une bagarre entre marins français et turcs, ou grecs selon les versions. Ils manquaient en fait déjà quand on l'a trouvée.
En 1820, pendant l'embarquement de la statue vers la France, une rixe éclate entre marins français et soldats turcs, et la Vénus y perd ses bras.
Avril 1820, sur l'île grecque de Milos. Un paysan découvre une statue de marbre. Un jeune marin français, Olivier Voutier, raconte avoir assisté à la découverte et encouragé le paysan à continuer à creuser. Un diplomate, le marquis de Rivière, obtient qu'elle soit achetée par la France. Louis XVIII l'installe au Louvre en 1821.
La France tombe à pic : depuis la chute de Napoléon, elle a dû rendre une grande partie des œuvres pillées en Europe. Il lui faut un nouveau chef-d'œuvre antique. La Vénus devient une star.
La bagarre ? Elle a été racontée en 1874 par un officier… qui naviguait alors en mer Noire. Voutier, lui, assure que la statue a été trouvée les bras déjà cassés, et c'est l'avis de la plupart des historiens.
Sur place, on a trouvé un fragment de bras et une main tenant une pomme : peut-être la pomme d'or du jugement de Pâris, qui désigne Aphrodite. Mais le Louvre a choisi de ne pas lui refaire de bras. C'est peut-être leur absence qui l'a rendue inoubliable.
Au Louvre, devant la statue. Ou quand quelqu'un dit « les bras m'en tombent ».
Idées reçues
Ce qu'on raconte sur cette histoire, et ce qui est vrai.
« La Vénus de Milo est une œuvre du grand sculpteur grec Praxitèle. »
Elle date de l'époque hellénistique, vers 150-125 avant notre ère selon le Louvre, deux siècles après Praxitèle. Un fragment de socle trouvé avec elle portait la signature d'un sculpteur : Alexandros, fils de Ménidès, d'Antioche du Méandre.
En 1821, le Louvre veut un chef-d'œuvre de l'âge classique et la rattache à Praxitèle ou à son école. Le socle signé, qui contredit cette date, disparaît peu après son arrivée au musée. La France a défendu la datation classique pendant plus d'un siècle.
« C'est l'explorateur Dumont d'Urville qui a découvert la Vénus de Milo. »
C'est un paysan de l'île qui l'a mise au jour. Jeune officier de marine, Jules Dumont d'Urville la voit quelques jours plus tard lors d'une escale de son navire, la décrit et convainc l'ambassadeur de France de l'acheter.
Devant l'Académie des sciences, il s'en attribue plus ou moins le mérite, ce qui lui vaut une promotion. Devenu un explorateur célèbre, qui baptise la terre Adélie en 1840, il a gardé la gloire. Du paysan, on ne connaît même pas le prénom avec certitude.
- Vénus de Milo — Wikipédia
- Vénus de Milo — Louvre, site des collections
- Base Deception — Smithsonian Magazine
- À la poursuite de la Vénus de Milo au sein de l'Université de Lille — Insula, Université de Lille
- What happened to the Venus de Milo's arms? — History.com
- The Base of the Venus de Milo — Encyclopaedia Romana, University of Chicago
- Dumont d'Urville (1790-1842). La Vénus de Milo. Les épaves de La Pérouse. L'Antarctique et la terre Adélie — Revue Défense nationale