Le Tour de France où les quatre premiers ont triché
Coureurs qui prennent le train, clous jetés sur la route, spectateurs armés de gourdins. Le deuxième Tour de France a tellement mal tourné qu'on a changé le vainqueur quatre mois après l'arrivée.
Le Tour 1904 part le 2 juillet pour six étapes et 2 428 km. Pendant la première étape, Maurice Garin, vainqueur de 1903, et Lucien Pothier sont agressés par des hommes masqués. Au col de la République, près de Saint-Étienne, une foule de supporters d'un coureur local bloque et frappe ses rivaux. Les organisateurs tirent en l'air pour les disperser.
Plus loin, des clous et du verre sont semés sur la chaussée, et des habitants de Nîmes lancent des pierres. Surtout, on soupçonne des coureurs d'avoir fait une partie du trajet en voiture ou en train. Garin gagne quand même à Paris, le 24 juillet.
L'Union vélocipédique de France enquête. En décembre 1904, elle sanctionne 29 coureurs et disqualifie les quatre premiers : Maurice Garin, Lucien Pothier, César Garin et Hippolyte Aucouturier. Garin prend deux ans de suspension, Pothier une suspension à vie.
La victoire revient au cinquième, Henri Cornet, 19 ans, arrivé trois heures après Garin. Lui aussi avait reçu un avertissement pour être monté en voiture. Il reste à ce jour le plus jeune vainqueur du Tour.
Vrai ou faux ?
Les sanctions sont tombées en décembre 1904, quatre mois après la fin du Tour.
Il a gagné celui de 1903. Celui de 1904 lui a été retiré.
Il avait 19 ans et 355 jours.
Pendant le Tour de France, quand on parle de dopage ou de tricherie. Ou quand quelqu'un gagne « sur tapis vert ».