Le pain sucré d'un chimiste qui ne s'était pas lavé les mains
Un chimiste rentre chez lui, mord dans son pain et le trouve étrangement sucré. Il n'a pourtant touché aucun sucre de la journée.
En 1878, Constantin Fahlberg travaille à l'université Johns Hopkins, dans le laboratoire d'Ira Remsen. Il étudie des dérivés du goudron de houille, rien à voir avec la cuisine.
Un soir, après être parti du labo sans bien se laver les mains, il trouve son pain sucré. Intrigué, il retourne goûter tout ce qui traîne sur sa paillasse, jusqu'à trouver la source : un composé né d'une de ses réactions.
Fahlberg et Remsen publient la découverte ensemble en 1879. Mais quelques années plus tard, Fahlberg dépose seul les brevets et fait fortune, sans en parler à Remsen.
Le premier édulcorant artificiel est né d'un chimiste peu soigneux. Et d'une brouille : Remsen ne lui a jamais pardonné.
Vrai ou faux ?
Il étudiait des dérivés du goudron de houille, sans rapport avec le sucre.
C'est chez lui, en mangeant du pain avec des mains mal lavées, qu'il l'a remarqué. La dégustation au labo est venue après.
Ils ont publié ensemble en 1879, mais Fahlberg a ensuite breveté seul et revendiqué toute la paternité.
Devant un café sucré à l'édulcorant. Ou pour rappeler l'importance de se laver les mains.