L'homme qui a désobéi à un ordinateur
Le 26 septembre 1983, un homme a peut-être évité une guerre nucléaire. En décidant de ne rien faire.
Pleine guerre froide. Trois semaines plus tôt, l'URSS a abattu un avion de ligne sud-coréen. La tension est maximale.
Cette nuit-là, le lieutenant-colonel Stanislav Petrov est de garde dans un bunker près de Moscou. Soudain, les alarmes : le système satellite soviétique détecte un missile tiré depuis les États-Unis. Puis jusqu'à quatre autres. La procédure est claire : prévenir la hiérarchie, qui peut décider de riposter.
Petrov réfléchit. Si les Américains attaquaient vraiment, ils tireraient des centaines de missiles, pas cinq. Le système est neuf. Et les radars au sol ne voient rien. Il déclare une fausse alerte. Il avait raison : le satellite avait pris des reflets du soleil sur des nuages pour des tirs de missiles.
Sa récompense ? Une réprimande pour un journal de bord mal tenu. L'histoire est restée secrète jusqu'en 1998.
Vrai ou faux ?
Sa décision a été décisive, mais d'autres vérifications existaient : les radars au sol, eux, ne voyaient aucun missile.
Il a été réprimandé pour un journal de bord mal tenu, puis muté à un poste moins sensible. Il a lui-même dit ne pas avoir été poussé dehors.
Pas un bug de programme : un alignement rare du soleil sur des nuages en altitude, que les satellites ont pris pour des tirs.
Dans une conversation sur l'IA ou sur la confiance qu'on accorde aux machines. Ou tout simplement un 26 septembre.