La mauvaise pièce qui a fait battre les cœurs
Un ingénieur voulait seulement enregistrer les battements du cœur. En se trompant de pièce électronique, il a trouvé comment les provoquer.
En 1956, à Buffalo, dans l'État de New York, l'ingénieur Wilson Greatbatch construit un appareil pour enregistrer les sons du cœur. Il attrape une résistance dans le mauvais tiroir et la soude sur son circuit.
L'appareil se met à émettre des impulsions régulières : une brève décharge, une seconde de pause, et ainsi de suite. Greatbatch reconnaît aussitôt ce rythme : celui d'un cœur qui bat. Au lieu de corriger son erreur, il la garde.
Avec les chirurgiens William Chardack et Andrew Gage, il teste son circuit sur des chiens dès 1958, puis sur des patients à partir de 1960. Le premier survit dix-huit mois, un exploit pour l'époque.
Le premier stimulateur cardiaque implantable est né d'une résistance prise dans le mauvais tiroir.
Vrai ou faux ?
Il voulait enregistrer les sons du cœur, pas le faire battre.
Une résistance de mauvaise valeur, selon Greatbatch lui-même, rapporté par le Smithsonian.
Des stimulateurs externes existaient déjà. Son apport est le premier modèle implantable réellement utilisé, mis au point avec deux chirurgiens.
Quand quelqu'un raconte qu'il porte un pacemaker. Ou pour défendre le droit à l'erreur.