Le vrai Murphy de la loi de Murphy
Tout le monde cite la loi de Murphy. Mais qui était Murphy ?
1949, base aérienne d'Edwards, Californie. L'US Air Force veut savoir combien de G un corps humain peut encaisser. Le cobaye est un médecin militaire, John Paul Stapp. On le sangle sur un traîneau propulsé par des fusées, lancé à pleine vitesse puis freiné d'un coup sec.
Un ingénieur, le capitaine Edward Murphy, fournit des capteurs pour mesurer les efforts. Un jour, les capteurs ne mesurent rien : ils ont été montés à l'envers. Selon le récit le plus courant, Murphy lâche une phrase qui dit en substance : s'il existe une façon de se tromper, quelqu'un la trouvera.
Stapp adore la formule et la répète devant la presse. Elle fait le tour du monde. Qui avait monté les capteurs ? Les témoins ne se sont jamais mis d'accord.
Au départ, ce n'était pas une phrase de pessimiste mais une consigne d'ingénieur : concevez les choses pour qu'on ne puisse pas se tromper. La philosophie d'une prise USB-C, qui n'a plus de mauvais côté.
Quand quelqu'un soupire « loi de Murphy ! » après une galère. Vous avez sa version, et la bonne.
Idées reçues
Ce qu'on raconte sur cette histoire, et ce qui est vrai.
« Edward Murphy a inventé la loi de Murphy en 1949. »
C'est la version officielle : en 1949, à Edwards, le capitaine Murphy, le médecin John Paul Stapp et l'ingénieur George Nichols mènent des essais de décélération. Mais aucun document de 1949 retrouvé ne relie la formule à Murphy, et plusieurs anciens du projet ont dit l'avoir lancée.
Selon World Wide Words, c'est Nichols qui l'a notée dans sa collection de « lois » du projet et l'a baptisée du nom de Murphy ; Stapp l'a ensuite popularisée devant la presse. Des formules voisines existaient bien avant : dans une revue de magiciens londonienne dès 1913, et sous la plume de George Orwell en 1941.
« La loi de Murphy dit que tout ce qui peut mal tourner tournera mal. »
C'est la version courante, et Stapp lui-même l'a résumée ainsi devant les journalistes. La formulation rapportée pour 1949 est plus précise : s'il y a plusieurs façons de faire quelque chose et que l'une mène à la catastrophe, quelqu'un la choisira.
Devant la presse, Stapp expliquait que son équipe prévoyait les pannes et traitait d'avance le pire scénario, avant que quelqu'un soit blessé : c'était une consigne de prévention, pas du fatalisme.