La Marseillaise a été écrite à Strasbourg
Notre hymne national s'appelle la Marseillaise… mais il a été écrit à Strasbourg, en une soirée, par un royaliste.
Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche. Cinq jours plus tard, à Strasbourg, le maire, le baron de Dietrich, demande à un capitaine du génie, Rouget de Lisle, un chant pour rallier les soldats.
Il l'écrit dans la soirée, paroles et musique : « Chant de guerre pour l'armée du Rhin ». Le lendemain, c'est le maire lui-même qui le chante pour la première fois, dans son salon, accompagné au clavecin.
Fin juillet, des volontaires venus de Marseille entrent dans Paris en le chantant. On l'appelle le chant des Marseillais. Le nom reste.
La Révolution n'a pas été tendre avec ses pères. Le maire de Dietrich est guillotiné en 1793. Rouget de Lisle, royaliste, qui avait refusé de prêter serment à la nouvelle Constitution, est jeté en prison sous la Terreur et échappe de peu à la guillotine. Il meurt pauvre en 1836.
Avant un match de l'équipe de France, ou à Strasbourg, devant la plaque qui marque le lieu.
Idées reçues
Ce qu'on raconte sur cette histoire, et ce qui est vrai.
« Rouget de Lisle a écrit toutes les strophes de la Marseillaise. »
Il en a écrit six. La septième, le « couplet des enfants » (« Nous entrerons dans la carrière… »), a été ajoutée dès 1792 par un autre auteur, le plus souvent identifié comme l'abbé Antoine Pessonneaux ; l'Élysée, lui, le dit inconnu.
Cette strophe fait partie de la version officielle retenue pour les cérémonies, avec la première et la sixième. Et des recueils l'impriment sous la seule mention « Paroles et musique : Rouget de Lisle ».
« La Marseillaise est l'hymne national sans interruption depuis 1795. »
Déclarée chant national le 14 juillet 1795, elle est écartée sous l'Empire, interdite sous la Restauration, reprise en 1830, puis tenue à l'écart sous le Second Empire. Elle ne redevient hymne national que le 14 février 1879.
La date de 1795 est souvent donnée seule, et le chant est si lié à la Révolution qu'on imagine une continuité. C'est justement ce lien qui l'a rendue suspecte aux régimes suivants, qui lui ont préféré d'autres airs, comme le Chant du départ sous l'Empire.
« Valéry Giscard d'Estaing a fait ralentir la Marseillaise. »
Élu en 1974, il la trouve jouée trop vite, comme une marche. Le chef de la Musique de la Garde républicaine, Roger Boutry, en livre une version plus lente et plus solennelle, sans tambours ni cymbales ; François Mitterrand rétablira la version plus rapide, toujours en usage.
On croit l'hymne figé depuis 1792. Or son arrangement officiel a changé plusieurs fois : le ministère de la Guerre en a fixé une version en 1887, et la Confédération musicale de France voit dans celle de Boutry environ la quinzième transformation connue.
- La Marseillaise — Wikipédia
- Claude Joseph Rouget de Lisle — Wikipedia
- Philippe-Frédéric de Dietrich — Wikipédia
- La Marseillaise de Rouget de Lisle — Élysée
- La Marseillaise d'hier à aujourd'hui — Chemins de mémoire (ministère des Armées)
- La Marseillaise — Ministère des Armées (carnet de chants de l'armée de Terre)
- Quand Valéry Giscard d'Estaing remaniait la Marseillaise — Confédération musicale de France
- Création de la Marseillaise (copie du tableau de Pils, musée d’Allard, Montbrison) — Académie de Lyon, histoire des arts