La lettre anonyme qui a déjoué la Conspiration des poudres
Pourquoi aujourd'hui ? Chaque 5 novembre, les Britanniques allument des feux de joie et tirent des feux d'artifice pour fêter l'échec du complot qui visait le Parlement et le roi en 1605.
Fin octobre 1605, un lord londonien reçoit une lettre sans signature qui lui conseille de ne pas aller à l'ouverture du Parlement. Il aurait pu la brûler.
Le 26 octobre 1605, un inconnu remet une lettre au domestique de William Parker, baron Monteagle, devant sa maison de Hoxton, près de Londres. Le papier n'est ni daté ni signé, et l'écriture est déguisée.
Le message conseille à Monteagle de rester loin du Parlement le jour de son ouverture, le 5 novembre. Le Parlement, dit-il en substance, va recevoir un coup terrible. Et il suffit de brûler la lettre pour écarter le danger.
Monteagle ne la brûle pas. Il la porte à Robert Cecil, comte de Salisbury, ministre du roi Jacques Ier.
Quelques jours plus tard, le roi la lit à son tour, au retour d'une partie de chasse. Il s'arrête sur le mot « coup » et y devine une ruse faite de feu et de poudre. Il demande qu'on examine les lieux où un tel coup serait possible.
Le 4 novembre, vers 15 heures, le Lord Chambellan et Monteagle inspectent une cave située sous la Chambre des lords, louée au nom d'un certain Thomas Percy. Ils y voient un énorme tas de bois et de charbon, gardé par un homme qui se présente comme un serviteur. Ils ne trouvent rien d'autre, mais ce tas de bois les intrigue.
Le roi, lui, n'est pas rassuré et ordonne une seconde fouille. Tard dans la soirée, Sir Thomas Knyvet, chargé de cette fouille, arrête devant la cave le prétendu serviteur, qui se fait appeler John Johnson : c'est Guy Fawkes. Sous le bois, on découvre 36 barils de poudre.
Reste une question, que personne n'a tranchée : qui a écrit la lettre ? Les conspirateurs soupçonnent aussitôt Francis Tresham, l'un des leurs, qui est aussi le beau-frère de Monteagle. Il jure que non.
Quatre siècles plus tard, l'auteur de la lettre qui a sauvé le Parlement n'est toujours pas identifié avec certitude. Francis Tresham reste le suspect favori, mais une hypothèse veut même que le ministre Cecil l'ait fait écrire par l'un de ses hommes.
En regardant des feux d'artifice un soir de novembre, demandez qui a écrit la lettre qui a tout déclenché : on ne le sait toujours pas.
Idées reçues
Ce qu'on raconte sur cette histoire, et ce qui est vrai.
« Jusqu'en 1859, une loi de 1606 obligeait les Britanniques à fêter le 5 novembre avec des feux de joie »
La loi, votée en janvier 1606 et abrogée en 1859, obligeait à assister à l'office du matin chaque 5 novembre, où l'on lisait le texte de la loi. D'après The Conversation, elle ne parle pas de feux de joie.
Le site éducatif de Kumon écrit qu'il était « illégal de ne pas fêter » la Bonfire Night jusqu'en 1859. L'idée mélange deux faits vrais : l'office était obligatoire, et des feux ont été allumés dès le soir du 5 novembre 1605, par la coutume, raconte Slate.
« La poudre de Guy Fawkes était avariée et n'aurait jamais fait sauter le Parlement »
On ignore d'où venait la poudre, donc sa qualité, rappelle la revue Chemistry World. Elle s'était très probablement humidifiée et tassée, ce qui rend l'explosion peu probable, mais une poudre bien faite et bien stockée aurait pu fonctionner.
La maison d'édition The History Press affirme que la poudre était « avariée » et qu'elle « n'aurait jamais explosé ». Chemistry World, revue de la Royal Society of Chemistry, juge que ce point n'est pas établi.
- How the Gunpowder Treason was discovered — The National Archives
- Discovery and flight — UK Parliament, Living Heritage
- What Was the Monteagle Letter's Role in The Gunpowder Plot's Downfall? — History Hit
- Nuit des bûchers : depuis quatre siècles, les Anglais fêtent un attentat manqué — Slate
- Gunpowder Plot — Wikipedia (en)
- Guy Fawkes Night's oddest traditions are due to a 1606 law — The Conversation
- Remember, remember — Kumon UK
- Gunpowder, treason and plot — Chemistry World
- Guy Fawkes and the Gunpowder Plot — The History Press