Hubble, le télescope spatial qui avait besoin de lunettes
En 1990, la NASA place en orbite le télescope le plus ambitieux de son histoire. Quelques semaines plus tard, les premières images arrivent. Elles sont floues.
Le télescope spatial Hubble est lancé le 24 avril 1990 à bord de la navette Discovery, puis libéré en orbite le lendemain. Fin juin, la NASA annonce un problème : son miroir principal, de 2,4 mètres, n'a pas la bonne forme. Il est trop plat vers les bords, d'environ 2,2 microns, soit un cinquantième de l'épaisseur d'un cheveu.
L'erreur remonte à la fabrication, chez Perkin-Elmer. L'appareil qui servait à contrôler la forme du miroir était mal réglé, avec un écart de 1,3 millimètre. Le miroir a été poli avec une grande finesse, mais d'après une mesure fausse. Une sénatrice, Barbara Mikulski, surnomme Hubble la « techno-dinde ».
En décembre 1993, la navette Endeavour part réparer le télescope. En cinq sorties dans l'espace, les astronautes installent une caméra à optique corrigée et COSTAR, un appareil de la taille d'une cabine téléphonique rempli de petits miroirs correcteurs. En janvier 1994, la NASA confirme que la vue de Hubble est corrigée.
Hubble a gardé ses « lunettes » jusqu'en 2009, quand de nouveaux instruments les ont rendues inutiles. COSTAR est aujourd'hui exposé au musée national de l'Air et de l'Espace, à Washington.
Vrai ou faux ?
Sa surface était parfaitement lisse. C'est sa courbure qui était fausse, à cause d'un appareil de contrôle mal réglé.
Ses images étaient floues, mais il a quand même fait des observations impossibles depuis le sol.
Il corrigeait trois instruments. La nouvelle caméra installée en 1993 avait sa propre correction intégrée.
Chez l'opticien. Ou quand quelqu'un assure qu'une toute petite erreur de mesure ne peut pas coûter cher.