Le sauteur qui a tourné le dos à la barre
Un lycéen de l'Oregon n'arrive pas à maîtriser la technique de saut en hauteur de l'époque. Alors il en invente une autre, franchement ridicule. Cinq ans plus tard, il est champion olympique.
Au début des années 1960, les sauteurs en hauteur passent la barre face à elle, en « rouleau ventral ». Dick Fosbury, 16 ans, lycéen à Medford, dans l'Oregon, n'y arrive pas. Il repart du vieux saut en ciseaux et le modifie, saut après saut, jusqu'à passer la barre sur le dos.
Les moqueries pleuvent. Un journal légende sa photo « le sauteur en hauteur le plus paresseux du monde ». Un journaliste local le compare à un poisson qui se débat au fond d'une barque : en anglais, « a fish flopping ». Le nom de « Fosbury flop » vient de là.
Ce saut n'était possible que grâce à une nouveauté : les tapis de réception en mousse, qui remplacent le sable et la sciure dans les lycées américains au début des années 1960. Aux Jeux de Mexico, en 1968, Fosbury passe 2,24 m sur le dos et remporte l'or, avec un record olympique.
Fosbury ne participera plus jamais aux Jeux. Mais à Munich, en 1972, 28 des 40 sauteurs utilisaient déjà sa technique, et aujourd'hui presque tous sautent sur le dos.
Vrai ou faux ?
Ses 2,24 m étaient un record olympique, pas un record du monde.
On retombe sur le haut du dos et la nuque : il fallait les nouveaux tapis en mousse.
Un reporter l'avait comparé à un poisson qui se débat (« flopping ») dans un bateau.
Devant une épreuve de saut en hauteur à la télé. Ou pour encourager quelqu'un qui fait les choses « pas comme tout le monde ».