Le nom de Dracula est une note de lecture recopiée en 1890
Pourquoi aujourd'hui ? L'écrivain irlandais Bram Stoker, auteur du roman Dracula (1897), est né le 8 novembre 1847 près de Dublin.
Dans ses brouillons, le vampire de Bram Stoker ne s'appelait pas Dracula. Il portait un nom que personne n'a retenu.
Été 1890. Bram Stoker, un Irlandais de 42 ans, est en vacances à Whitby, un port du Yorkshire, dans le nord de l'Angleterre. Il est l'administrateur de l'acteur Henry Irving et de son théâtre londonien, le Lyceum, mais il prépare aussi un roman de vampire.
Dans ses premières notes, le monstre s'appelle « comte Wampyr ». Un nom transparent, presque le mot « vampire ».
La suite se joue dans une bibliothèque. Selon la tradition, celle de Whitby, où il emprunte un livre publié en 1820 par William Wilkinson, un ancien consul britannique, sur la Valachie et la Moldavie. Ce sont deux principautés de l'actuelle Roumanie.
Des travaux récents rappellent toutefois qu'il pouvait aussi lire ce livre à Londres. Quel que soit le lieu, la page qui compte est la même : une note de bas de page indique qu'en valaque, Dracula veut dire « diable ».
Stoker recopie la phrase dans ses carnets. Puis il reprend ses notes, barre « Wampyr » et écrit « Dracula » à la place. Ces carnets sont aujourd'hui conservés au Rosenbach Museum, à Philadelphie.
Et le prince Vlad l'Empaleur, ce voïvode de Valachie du XVe siècle réputé pour sa cruauté ? Ses notes montrent que Stoker savait très peu de chose sur lui : un prince de Valachie qui avait combattu les Turcs, sans même son prénom. Le lien entre le comte et le prince a surtout été construit après coup, notamment par les historiens Raymond McNally et Radu Florescu, dans un livre de 1972.
Un nom connu dans le monde entier vient d'une note recopiée au bas d'une page. Le prince sanguinaire, dont Stoker ignorait jusqu'au prénom, n'a été mis au premier plan qu'en 1972.
Quand quelqu'un parle de Dracula ou de Vlad l'Empaleur, à table ou devant un film de vampires.
Idées reçues
Ce qu'on raconte sur cette histoire, et ce qui est vrai.
« Bram Stoker a imaginé le comte Dracula d'après le prince Vlad l'Empaleur, qui régnait sur la Valachie au XVe siècle »
Stoker avait déjà créé son vampire, le comte Wampyr, avant de trouver le nom dans un livre. Ses notes disent seulement que ce Dracula était un prince de Valachie qui avait combattu les Turcs ; rien n'indique qu'il connaissait son prénom, Vlad.
Le lien a été popularisé en 1972 par les historiens Raymond McNally et Radu Florescu, dans leur livre In Search of Dracula, puis repris partout. Elizabeth Miller, spécialiste du roman, le juge très mince (PBS, Live Science).
« Bram Stoker a visité la Transylvanie et s'est inspiré du château de Bran pour décrire le château du comte Dracula »
Stoker n'est jamais allé en Transylvanie, encore moins au château de Bran. Il a décrit la région à partir de livres, lus notamment à la London Library.
Selon National Geographic, Bran a été choisi dans les années 1960 par le tourisme de la Roumanie communiste parce qu'il avait l'air assez gothique. Des sites de voyage, comme Attractions Magazine, le présentent encore comme l'inspiration du roman.
- Whitby Abbey : Dracula, histoire et récits — English Heritage
- Interview d'Elizabeth Miller — PBS Frontline World
- Guide to Bram Stoker holdings in the Rosenbach Museum — Rosenbach
- Dacre Stoker et J.D. Barker, Bram Stoker's research — Time
- Bram Stoker — Encyclopaedia Britannica
- How Bram Stoker researched Dracula — Atlas Obscura
- Vlad the Impaler, the real Dracula — Live Science
- Dracula's Castle in Romania — National Geographic
- Dracula — Wikipédia (en)