Le croissant est autrichien
Le croissant, symbole du petit-déjeuner français, est arrivé de Vienne. Et l'homme qui l'a apporté est devenu… patron de presse.
Paris, vers 1838. Un ancien officier d'artillerie autrichien, August Zang, ouvre une « boulangerie viennoise » au 92, rue de Richelieu. Il y vend le kipferl, une viennoiserie qui existe en Autriche depuis au moins le XIIIᵉ siècle, souvent en forme de croissant. Il importe aussi le four à vapeur viennois, qui deviendra la norme en France.
Les Parisiens adorent. Les boulangers français l'imitent, puis le transforment : au début du XXᵉ siècle, ils remplacent la pâte briochée par une pâte levée feuilletée, pliée avec du beurre. Le croissant tel qu'on le connaît est né. La première recette française connue ne date que de 1906.
Et Zang ? En 1848, il rentre à Vienne et fonde un quotidien, Die Presse, un nom que porte toujours l'un des grands journaux autrichiens. À sa mort, on se souvenait du magnat de la presse, pas du boulanger.
Vrai ou faux ?
Aucune source d'époque. Cette histoire a été popularisée au XXᵉ siècle par l'auteur culinaire Alfred Gottschalk.
L'ancêtre, le kipferl, est autrichien. La version feuilletée au beurre est une mise au point des boulangers français.
Il a existé sous des formes variées. Le croissant n'en est qu'une.
Au petit-déjeuner à l'hôtel, ou face à un touriste qui s'extasie devant le « vrai croissant français ».