Le code-barres, esquissé dans le sable
Le code-barres, qu'on scanne des milliards de fois par jour, est né d'une idée tracée du bout des doigts dans le sable d'une plage de Miami.
1948-1949. Un jeune diplômé américain, Norman Joseph Woodland, cherche un moyen de coder automatiquement les produits d'un magasin. Assis sur la plage, il pense au morse. Il trace des points et des traits dans le sable… puis les étire vers le bas. Des lignes fines, des lignes épaisses : le code-barres est né.
Avec Bernard Silver, il dépose un brevet en 1949, accordé en 1952. Leur brevet décrit des lignes droites, mais aussi une version circulaire, comme une cible, lisible sous tous les angles. Mais la technologie pour le lire n'existe pas encore vraiment. L'invention dort pendant vingt ans.
En 1973, l'industrie alimentaire américaine adopte un format à barres verticales, conçu chez IBM par George Laurer.
Le premier article scanné en caisse, le 26 juin 1974, dans un supermarché de Troy, dans l'Ohio : un paquet de chewing-gums Juicy Fruit. Le paquet, lui, n'a jamais rejoint de musée : Clyde Dawson, le cadre de Marsh qui l'avait acheté, l'a gardé. La Smithsonian conserve en revanche l'un des tout premiers scanners installés ce jour-là.
À la caisse automatique du supermarché, pendant que la machine vous demande de reposer l'article.
Idées reçues
Ce qu'on raconte sur cette histoire, et ce qui est vrai.
« Les trois premiers chiffres d'un code-barres indiquent le pays de fabrication du produit. »
Ils indiquent l'organisation GS1 nationale auprès de laquelle l'entreprise a obtenu ses numéros. Un produit fabriqué en Asie peut donc porter un code commençant par 3, celui de la France, si la marque est inscrite chez GS1 France.
L'idée est ancienne et tenace : en 2013 déjà, un député devait rappeler à l'Assemblée nationale que le code-barres n'indique pas le lieu de fabrication. Elle revient à chaque appel à « acheter local » ou au boycott ; fin 2023, l'agence dpa a encore dû démentir une rumeur virale fondée sur ces préfixes.
« Le prix d'un article est inscrit dans son code-barres. »
Le code-barres ne contient en général que le numéro imprimé dessous, qui identifie l'article. C'est l'ordinateur du magasin qui va chercher le prix du jour, promotions comprises. Exception : les étiquettes des produits pesés en magasin peuvent intégrer le poids ou le prix.
Le prix s'affiche au moment même du « bip », d'où l'impression qu'il était caché dans les barres. La question revient si souvent que GS1, l'organisme qui gère ces codes, y répond dans sa foire aux questions : « Faux dans la plupart des cas ».
- Barcode — Wikipedia
- The History of the Bar Code — Smithsonian Magazine
- The Universal Product Code — IBM Heritage
- US2612994A, Classifying apparatus and method (Woodland et Silver) — Google Patents
- Supermarket Scanner — National Museum of American History, Smithsonian Institution
- Le code-barres GS1 — GS1 France
- Foire aux questions — GS1 Côte d'Ivoire
- Un code-barres qui en dit peu sur le pays d'origine — dpa factchecking
- Question écrite n° 23938 (Hervé Féron), 14e législature — Assemblée nationale