La chips et la belle histoire d'un chef vexé
Un client trouve ses frites trop épaisses. Le chef, vexé, les coupe fines comme du papier pour se venger. Et invente la chips. Belle histoire, mais sans doute fausse.
1853, Saratoga Springs, station thermale chic près de New York. Un client exigeant, que la légende identifie sans preuve au milliardaire Cornelius Vanderbilt, renvoie ses frites, trop épaisses. Le cuisinier George Crum, d'origine afro-américaine et mohawk, les tranche en copeaux, les frit et les sale à outrance. Le client adore.
Problème : on ne trouve aucune trace de la scène du vivant de Crum. Vanderbilt n'en a jamais parlé. Dès 1817, un livre de cuisine anglais, The Cook's Oracle, donnait déjà une recette de pommes de terre « coupées en copeaux » et frites. Et en 1924, la nécrologie de la sœur de Crum la présente, elle, comme l'inventrice.
Ce qui est sûr : Crum ouvre son propre restaurant près du lac Saratoga vers 1860, et les « Saratoga Chips » deviennent célèbres. Mais elles restent un plat de restaurant jusqu'aux années 1920, quand l'Américaine Laura Scudder invente le sachet en papier ciré qui les garde croustillantes.
Personne ne sait qui a inventé la chips. En revanche, on sait qui l'a mise en sachet : une femme, 70 ans après la légende du chef vexé.
Vrai ou faux ?
Aucune trace de l'anecdote de son vivant. Elle n'apparaît que bien après sa mort, en 1914.
The Cook's Oracle, de William Kitchiner, en donne la recette en Angleterre dès 1817.
C'est le nom le plus souvent cité, et il fréquentait Saratoga, mais rien ne le prouve et lui-même n'en a jamais parlé.
À l'apéritif, en ouvrant un paquet de chips.