« 4′33″ », le concert où le pianiste ne joue pas une note
Un soir d'été 1952, un pianiste s'assoit devant son instrument, déclenche un chronomètre… et ne touche pas le clavier. Une partie du public ne l'a pas bien pris.
Le 29 août 1952, au Maverick Concert Hall, près de Woodstock, dans l'État de New York, le pianiste David Tudor crée une nouvelle pièce de John Cage. Il s'assoit au piano, lance un chronomètre et ne joue pas une seule note.
L'œuvre compte trois mouvements. Tudor les marque en fermant le couvercle du clavier, puis en le rouvrant brièvement entre chacun. Selon le programme du concert, ils durent 30 secondes, 2 minutes 23 et 1 minute 40 : au total, 4 minutes 33.
Le public, pourtant amateur d'art moderne, prend la pièce pour une blague ou un affront. D'après un récit souvent cité, un artiste du coin se serait levé pour lancer : « Braves gens de Woodstock, chassons ces gens de la ville ! »
Pour Cage, la salle n'avait rien de silencieux : le vent au premier mouvement, la pluie sur le toit au deuxième, puis les spectateurs qui parlaient ou partaient. « Le silence, ça n'existe pas », disait-il : la musique, c'étaient ces bruits-là.
Vrai ou faux ?
La création a eu lieu au Maverick Concert Hall, près de Woodstock, dans l'État de New York.
Tudor n'a joué aucune note : il marquait les trois mouvements en fermant et en rouvrant le couvercle du clavier.
Cage a raconté avoir entendu le vent au premier mouvement, la pluie au deuxième et les spectateurs au troisième.
Quand une salle se tait avant un concert et que tout le monde entend soudain les toux, les chaises et les téléphones.