Au Bon Marché, on invente l'art de faire les courses
Au milieu du XIXe siècle, entrer dans une boutique sans acheter est presque impoli, et la plupart des prix se marchandent. Un vendeur de tissus parisien va tout changer. Mais pas tout inventer.
En 1852, Aristide Boucicaut s'associe aux frères Videau, propriétaires d'une modeste boutique parisienne, Au Bon Marché. Il y applique des règles simples : entrée libre, prix fixes affichés, petites marges, articles repris ou échangés.
Le magasin grandit vite. Il livre à domicile, jusqu'en province par le train, et publie en 1867 un catalogue de vente par correspondance. En 1869 débute la construction d'un grand bâtiment rue de Sèvres, agrandi plus tard avec l'aide de l'entreprise de Gustave Eiffel.
En janvier 1873, Boucicaut s'inquiète de voir le magasin vide après les fêtes. Il décide de mettre en avant tout le linge blanc : draps, nappes, serviettes. Le « mois du blanc » est né.
Le prix fixe, lui, n'est pas de Boucicaut : la Belle Jardinière le pratiquait dès 1824. Son vrai génie, c'est d'avoir tout réuni. Au point que Zola s'en inspire pour « Au Bonheur des Dames » en 1883.
Vrai ou faux ?
La Belle Jardinière, fondée par Pierre Parissot en 1824, pratiquait déjà le prix fixe. Boucicaut l'a généralisé avec d'autres innovations.
Le groupe Bon Marché le date de janvier 1873, à l'initiative d'Aristide Boucicaut.
Oui, mais pas seulement : la BnF rappelle que Zola s'intéressait aussi au Printemps, et il situe son magasin dans le quartier des Grands Magasins de la Paix.
En janvier, devant une vitrine de soldes de linge de maison. Ou pendant une conversation sur les grands magasins parisiens.