Le Boléro, le tube que Ravel disait « sans musique »
C'est l'une des œuvres classiques qui a rapporté le plus d'argent. Son propre compositeur en parlait pourtant avec un drôle de détachement.
Fin 1927, la danseuse Ida Rubinstein demande à Maurice Ravel un ballet de caractère espagnol. Le Boléro est créé le 22 novembre 1928 à l'Opéra de Paris, sur une chorégraphie de Bronislava Nijinska.
Le principe tient en une ligne : deux mélodies, répétées en alternance encore et encore, sans développement, pendant qu'un seul crescendo monte du début à la fin. Le succès est mondial : selon France 24, le Boléro est resté jusqu'en 1994 en tête du classement mondial des droits d'auteur.
L'œuvre entre dans le domaine public en France en 2016. Des ayants droit tentent alors de faire reconnaître le décorateur Alexandre Benois comme coauteur, ce qui l'aurait remise sous droits jusqu'en 2039. En 2024, le tribunal de Nanterre rejette la demande : Ravel en reste le seul auteur.
Selon son ami le critique Michel-Dimitri Calvocoressi, Ravel décrivait le Boléro comme dix-sept minutes de « tissu orchestral sans musique ». Cette pièce qu'il jugeait presque vide a fait la fortune de ses ayants droit pendant des décennies.
Vrai ou faux ?
La création a eu lieu le 22 novembre 1928, sur une chorégraphie de Bronislava Nijinska.
Ravel répète deux mélodies en alternance, sans les développer ; seuls un long crescendo et l'orchestration font évoluer la pièce.
Le tribunal a rejeté la demande : Ravel reste le seul auteur et l'œuvre demeure dans le domaine public.
Quand le Boléro passe dans une pub ou un film, ou quand quelqu'un répète la même blague pour la dixième fois.