Apollo 12, la fusée foudroyée deux fois au décollage
14 novembre 1969. Une fusée Saturn V décolle sous la pluie, direction la Lune. Moins d'une minute plus tard, tous les voyants s'allument dans la cabine.
Apollo 12 décolle à 11 h 22, heure de Floride, avec Pete Conrad, Dick Gordon et Alan Bean. À 36 secondes, la foudre frappe la fusée, qui traverse un nuage. Puis une seconde fois à 52 secondes. Les trois piles à combustible se déconnectent, la centrale de guidage du vaisseau décroche et les écrans de Houston affichent des valeurs absurdes.
À Houston, l'ingénieur John Aaron, 26 ans, reconnaît ce drôle de motif. Il l'a déjà vu un an plus tôt, lors d'un essai sur le pas de tir. Il lance au directeur de vol : « Essayez SCE sur AUX », pour basculer un obscur système de mesures sur son alimentation de secours.
Dans la cabine, Conrad ne comprend pas : « C'est quoi, ça ? » Alan Bean, lui, se souvient de l'emplacement de l'interrupteur, repéré à l'entraînement sur simulateur. Il le bascule, les données reviennent, et la mission continue vers la Lune.
Ses collègues saluent alors Aaron comme un « steely-eyed missile man », « un homme des fusées au regard d'acier » : dans le jargon de la NASA, le plus beau compliment pour quelqu'un qui garde la tête froide et tranche juste en pleine crise. Et Conrad, une fois en orbite, suggère qu'il faudrait peut-être faire « un peu plus d'essais par tous les temps ».
Vrai ou faux ?
Le guidage de la fusée a continué de fonctionner. C'est le vaisseau Apollo, au sommet, qui a perdu ses systèmes.
Apollo 12 a continué et s'est posé avec précision sur la Lune le 19 novembre 1969.
Il avait étudié ce motif un an plus tôt. Lui-même reconnaissait pourtant une part de chance : être là, ce jour-là, au bon poste.
Pendant un orage. Ou quand quelqu'un conseille d'éteindre et de rallumer.